Un atelier forme des gardiens communautaires pour la protection du bassin du Mono au Bénin

Pne camera piège

Pendant quatre jours, une trentaine d'acteurs communautaires se sont retrouvés sur le littoral béninois pour renforcer leurs compétences dans l'un des écosystèmes les plus sensibles d'Afrique de l'Ouest. L'atelier national de formation des relais communautaires et des éco-gardes, tenu du 25 au 28 novembre 2025 à Grand-Popo, marque une étape décisive dans la protection de la réserve de biosphère du bassin du Mono.

L'atelier a réuni 34 participants, dont des représentants de l'Autorité du Bassin du Mono (ABM), des associations communautaires de conservation de la biodiversité (ACCB), des services forestiers, du Partenariat Mondial de l'Eau – Afrique de l'Ouest (GWP-AO), du Partenariat National de l'Eau du Bénin (PNE Bénin), ainsi que des personnes ressources.

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre du Projet IREE-Mono (2024–2028), une initiative quadriennale mise en œuvre par l'ABM, l'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), l'UICN et le GWP-Afrique de l'Ouest, avec le soutien financier du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM). L'objectif central était de renforcer les capacités des acteurs communautaires pour une gestion intégrée des ressources naturelles — en particulier de l'eau — et de promouvoir des pratiques durables au sein de la réserve de biosphère du Mono.

Un programme ancré dans la réalité du terrain

Exercice d’application des outils de suivi écologique

Durant quatre jours, les participants ont suivi des modules interactifs portant sur la communication et la sensibilisation environnementale, la gestion des conflits liés aux ressources naturelles, l'aménagement et le suivi écologique, la surveillance et la protection des aires protégées, ainsi que la réglementation et l'écotourisme. La pédagogie a délibérément alterné exposés théoriques, travaux de groupe, études de cas et sorties de terrain, favorisant un apprentissage à la fois participatif et pratique.

Drones et caméras pièges : la technologie entre dans la réserve

L'un des moments forts de l'atelier a été l'introduction d'outils de surveillance modernes. Un exercice pratique d'application des outils de suivi écologique a intégré l'utilisation de drones et de caméras pièges pour le suivi de la faune et la surveillance des zones sensibles. Cette dimension technologique traduit une volonté d'accroître la précision des observations sur le terrain, tout en dotant les communautés locales d'instruments jusqu'ici réservés aux grandes institutions.

Des résultats concrets attendus

Les organisateurs ont identifié trois acquis attendus à l'issue de la formation : une meilleure compréhension par les participants de leurs rôles et responsabilités en tant que relais communautaires et éco-gardes ; l'élaboration d'une feuille de route post-formation pour la mise en œuvre des connaissances acquises ; et la remise d'attestations officielles aux participants.

Cet atelier marque une étape importante pour la préservation des écosystèmes du bassin du Mono, en renforçant la collaboration entre les communautés locales et les institutions régionales.

Fleuve partagé entre le Bénin et le Togo, le Mono constitue une ressource en eau vitale pour des millions d'habitants de la sous-région. L'accent mis par le projet IREE-Mono sur la gestion communautaire reflète un consensus croissant dans le domaine de la gestion intégrée des ressources en eau : une conservation durable ne repose pas uniquement sur la réglementation institutionnelle, mais sur l'engagement actif de ceux qui vivent au sein des écosystèmes qu'il s'agit de protéger.