PLAIDOYER POUR UN ACCES UNIVERSEL ET CONTINU A L’EAU POTABLE ET A L’ASSAINISSEMENT ET LA GIRE AU BENIN AU COURS DU PROCHAIN QUINQUENNAT PRESIDENTIEL

Depuis 2000, le secteur de l’eau et de l’assainissement est devenu un enjeu mondial considéré par la Communauté internationale à travers les Objectifs du Millénaire et ceux du Développement Durable. Il est bien plus préoccupant en Afrique au sud du Sahara et au Bénin en particulier où plus de la moitié des populations pratiquent la défécation à l’air libre et où l’absence et l’insuffisance de l’eau potable sont sources de mortalité infantile ou de la non scolarisation des filles.

Analysant les projets de société proposés par les deux candidats encore en lice pour l’élection présidentielle, les Acteurs Non Etatiques de l’eau et de l’assainissement (ANE) réunis au sein du Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques de l’Eau et de l’Assainissement (CANEA) saluent la prise en compte de l’accès à l’eau potable parmi leurs priorités même s’ils n’ont fait aucun développement pour présenter la situation actuelle du secteur afin de proposer des solutions adéquates et durables.

Par rapport au sous-secteur de l’eau :

La situation du secteur s’est sensiblement améliorée ces dernières années et aujourd’hui, le Bénin se félicite d’être cité parmi les pays ayant atteint les OMD en matière d’eau potable.

Malgré les progrès réalisés, plusieurs localités et populations n’ont pas toujours accès à l’eau potable.

Face à cette réalité et conscients que le droit à l’eau est un droit humain, les ANE attirent l’attention des candidats sur deux enjeux principaux du secteur : l’inégalité de l’accès et la durabilité du service d’eau potable. Naturellement, ces deux enjeux appellent l’universalité et la continuité du service.

Le sous-secteur de l’eau a été longtemps noyé dans un département ministériel où l’énergie et la recherche pétrolière étaient la priorité. Si l’avènement d’un Ministère pour le sous-secteur est à saluer, il reste que sa création comble les attentes des populations.

Par ailleurs, si des efforts ont été faits pour améliorer le cadre légal et institutionnel et faire la promotion de la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), il faut reconnaître que sa prise en compte dans les politiques et programmes sectoriels reste faible et la coordination des actions des ministères touchant à l’eau encore inexistante. Car, comment pourrait-on promouvoir ou développer l’agriculture sans garantir une disponibilité de l’eau dans le contexte actuel des changements climatiques ? Ou encore comment exploiter de façon efficace le potentiel hydroélectrique du Bénin sans compromettre l’approvisionnement en eau potable ou les activités agricoles en toute saison ?

Par rapport au sous-secteur de l’hygiène et de l’assainissement :

Le sous-secteur de l’Hygiène et de l’Assainissement logé au Ministère de la Santé est le parent pauvre en matière de dotation et de représentativité. En 2015, 53% de la population pratiquent encore la défécation à l’air libre et selon le Programme Eau et Assainissement de la Banque Mondiale, le Bénin perd 52 milliards de francs FCFA soit 1,5% de son PIB par an à cause du mauvais assainissement.

Au regard de ce qui précède, les ANE appellent les candidats à s’engager en faveur de l’accès à l’eau et à l’assainissement et la GIRE et à définir clairement leurs priorités par rapport au secteur.

Elles souhaitent pour le prochain quinquennat que :

  • l’accès à l’Eau potable, l’Hygiène et l’Assainissement ait un statut de droit fondamental à inscrire dans notre Constitution ;
  • le secteur de l’Eau potable, l’Hygiène et l’Assainissement soit une priorité dans les politiques et stratégies de réduction de la pauvreté ;
  • le secteur de l’Eau potable, l’Hygiène et l’Assainissement ait un positionnement institutionnel qui permette son plein épanouissement ;
  • les engagements pris par le Bénin au plan international soient respectés notamment celui d’accroitre les ressources financières allouées à ce secteur.
  • la question de l’intégrité dans les secteurs de l’Eau potable, l’Hygiène et l’Assainissement bénéficie de l’engagement du Chef de l’Etat en vue d’une bonne gouvernance et du rétablissement complet de la crédibilité du Bénin au plan international.

Les ANE réunis dans le creuset dénommé « Cadre de Concertation des Acteurs Non Etatiques pour l’Eau et l’Assainissement (CANEA) » sont disposées et disponibles à accompagner le prochain Président de la République pour relever les défis du secteur.

Signé le président du CANEA

André ZOGO